L'HYPERACTIVITÉ VÉSICALE

L’hyperactivité vésicale (HAV) est un syndrome clinique qui se caractérise par des contractions musculaires involontaires créant une envie soudaine et irrépressible d’uriner. 

Elle peut survenir à tout moment de la journée, de jour comme de nuit. On peut aussi parler d’impériosité vésicale, d’urgenturie, d’instabilité vésicale ou d’incontinence urinaire par impériosité.

Il s’agit d’un trouble de la vessie qui se manifeste lorsque le détrusor, le muscle de la vessie, se contracte, alors que la vessie n’est pas encore pleine. Un signal est alors envoyé au cerveau qui se traduit par une envie pressante d’uriner mais n’entraîne pas nécessairement d’écoulement d’urine.

L’hyperactivité vésicale touche des personnes de tous âges et de tous sexes, mais on peut observer qu’elle touche plus particulièrement les femmes car 17% de la population féminine mondiale serait touchée. Sa fréquence a tendance à augmenter en vieillissant pour atteindre 30% des femmes après 65 ans. 

Maladie sous-diagnostiquée et insuffisamment traitée, elle s’avère taboue, honteuse et embarrassante pour les personnes qui en souffrent. Les symptômes de ce trouble peuvent nuire à la qualité de vie, aux activités quotidiennes et provoquer des troubles du sommeil, c’est pourquoi il est important d’en parler à un professionnel de santé dès les premiers signes afin qu’il puisse vous accompagner et réaliser un bilan urodynamique afin de connaître les causes de ce trouble afin de vous apporter le traitement le plus adéquat. Car oui il existe des solutions et des traitements qui peuvent aider à en soulager et maîtriser les symptômes.

Qu'est-ce que c'est ?

Le syndrome de la vessie hyperactive se caractérise par une urgence mictionnelle, avec ou sans incontinence, généralement avec fréquence et nycturie, en l’absence d’infection prouvée des voies urinaires ou de pathologie vésicale évidente.

L’hyperactivité vésicale est très répandue et affecte la vie de millions de personnes dans le monde.

Quelle est la différence entre l’hyperactivité vésicale et l’incontinence ?

Il est important de dissocier l’incontinence urinaire de l’hyperactivité vésicale.

L’incontinence urinaire se définit par une fuite accidentelle et involontaire d’urine. Ces fuites urinaires peuvent constituer un symptôme de l’hyperactivité vésicale. Toutefois certaines personnes souffrent d’incontinence urinaire sans pour autant être affecté par un syndrome d’hyperactivité vésicale.

Environ 25 % des incontinences féminines sont liées à une vessie hyperactive, 15 % des hommes sont concernés et les enfants peuvent aussi être touchés.

L’incontinence liée à un syndrome de vessie hyperactive est plus rare que l’incontinence à l’effort. Dans près d’un tiers des cas, l’incontinence d’effort et l’hyperactivité vésicale sont associées : on parle alors d’incontinence mixte.

Symptômes principaux permettant d’identifier l’hyperactivité vésicale

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Pollakiurie

Vous allez aux toilettes au moins 8 fois par jour

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Nycturie​

Vous vous réveillez au moins 1 fois par nuit pour aller aux toilettes

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Urgenturie

Vous allez aux toilettes précipitamment

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Incontinence par impériosité

Vous ne parvenez pas à vous retenir​

Les causes de l’HAV peuvent être d’origine urologique, liées à des affections neurologiques ou d’origine inconnue (idiopathique)

Origine urologique :

  • Infection urinaire ;
  • Calcul urinaire ;
  • Compression de la vessie par un organe voisin ;
  • Inflammation vaginale.

Origine neurologique :

  • Maladie neurologique ;
  • Traumatisme médullaire ;
  • Maladie de Parkinson ;
  • Sclérose en plaques ;
  • Accident vasculaire cérébral.

Il est recommandé de consulter son médecin pour comprendre et identifier les causes de son hyperactivité vésicale, afin d’envisager le traitement adéquat.

Etes-vous potentiellement concerné(e) par le syndrome de la vessie hyperactive ?

Allez-vous plus de 8 fois par jour aux toilettes en moyenne?
La nuit, vous levez-vous régulièrement pour aller aux toilettes?
Etes-vous régulièrement pris d’une envie subite et pressante d’aller aux toilettes?
Avez-vous
des fuites urinaires?
Vous pourriez souffrir de vessie hyperactive. Parlez-en à votre médecin.

Le syndrome d’hyperactivité vésicale (HAV) est défini selon l’International Continence Society (ICS) par :

Une urgenturie (vous allez précipitamment au toilettes), généralement associée à une pollakiurie (vous allez aux toilettes au moins 8 fois par jour) et une nycturie (vous vous reveillez au moins 1 fois par nuit pour aller aux toilettes), avec ou sans incontinence urinaire, en l’absence d’infection des voies urinaires ou d’une autre pathologie évidente.

Pour initier une prise en charge, contactez votre médecin
Le syndrome d’hyperactivité vésicale (HAV) est défini selon l’International Continence Society (ICS) par :

Une urgenturie (vous allez précipitamment au toilettes), généralement associée à une pollakiurie (vous allez aux toilettes au moins 8 fois par jour) et une nycturie (vous vous reveillez au moins 1 fois par nuit pour aller aux toilettes), avec ou sans incontinence urinaire, en l’absence d’infection des voies urinaires ou d’une autre pathologie évidente.

Méthodes et Opportunités thérapeutiques

La prise en charge de l’hyperactivité vésicale peut prendre différentes approches :

  • Ajuster le comportement au quotidien, par exemple en entrainant la vessie, les muscles du plancher pelvien ou en apprenant à mieux gérer les fluides dans la journée.
  • Avoir recours aux thérapies pharmacologiques (telles que les médicaments antimuscariniques et un agoniste des récepteurs bêta-adrénergiques).
  • Utiliser des thérapies plus invasives telles que l’injection de toxine intradétrusor botulique A (Botox) ou la stimulation du nerf sacré (SNM) sont également envisageables.
  • Stimuler le nerf tibial (TENS). La technique TENS par exemple est indiquée dans le traitement de l’hyperactivité vésicale idiopathique ou neurologique qui se caractérise par : impériosité urinaire (urgenturie), incontinence urinaire par impériosité, nycturie ou pollakiurie.

Il est recommandé de consulter son médecin pour comprendre et identifier les causes de son hyperactivité vésicale, afin d’envisager le traitement adéquat.

Traitement de la vessie hyperactive, quelles techniques ?

Thérapies Comportementales

Elles sont non invasives et peuvent être initiées au niveau des soins dits primaires.
Il s’agit de techniques de relaxation, de prise de conscience et d’activités
pour occuper le cerveau (comme du calcul mental ou des exercices de
réflexion), de mesures diététiques ou de pratiques d’activités sportives.

Traitements pharmacologiques

Les médicaments antimuscariniques sont les plus fréquemment utilisés aujourd’hui. Ils agissent en réduisant la pression intra-vésicale, en augmentant le seuil de volume pour la miction et en réduisant les contractions du détrusor non inhibées.

Injection Intradetrusor

L’injection intradetrusor de OnabotulinumtoxinA (Botox) est réalisée dans dans le muscle de la vessie, celui-ci reçoit moins de signaux nerveux. L’effet est double: le muscle vésical se détend – il se contracte dès lors moins souvent ou moins fort – et l’envie mictionnelle, le besoin pressant d’uriner, diminue.

Stimulation du nerf sacral (SNM)

La neuromodulation sacrée ou stimulation du nerf sacré (SNS) implique la stimulation du nerf sacré avec un courant électrique via une électrode connectée à un générateur d’impulsions.

Stimulation du Nerf Tibial Postérieur (TENS)

Technique consistant à stimuler le nerf tibial à l’aide d’un électrostimulateur, avec pour objectif de rétablir une communication cohérente entre la vessie et le cerveau.

Elle peut être mise en œuvre à l’aide de sonde dans la peau ou grâce à des électrodes placées sur la peau.

Sources et publications scientifiques de référence :

  • Transcutaneous electrical nerve stimulation: an effective treatment for refractory non-neurogenic overactive bladder syndrome?, Marc Tellenbach, Marc Schneider, Livio Mordasini , George N. Thalmann, Thomas M. Kessler, May 2012
  • Efficacy of Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation in the Treatment of Overactive Bladder, Nidhi Sharma, Kaja Rekha, Krishnamurthy Jayashree Srinivasan, October 2016
  • New Devices and Technologies for the Management of Overactive Bladder, Juan M. Guzman-Negron & Howard B. Goldman, 2017
  • Transcutaneous posterior tibial nerve stimulation in pediatric overactive bladder: A preliminary report, Nitesh Patidar, Varun Mittal, Manoj Kumar, Sanjoy Kumar Sureka, Sohrab Arora, M.S. Ansari, Professor, 2015
  • Management of Idiopathic Overactive Bladder Syndrome: What Is the Optimal Strategy After Failure of Conservative Treatment?, Tom Marcelissen, Jean-Nicolas Cornu, Tiago Antunes-Lopes, Bogdan Geavlete, Nicolas Barry Delongchamps, Tina Rashid, Malte Rieken, Mohammad Sajjad Rahnama’i, 2003
  • A Comprehensive Review of Overactive Bladder Pathophysiology: On the Way to Tailored Treatment, Benoit Peyronnet, Emma Mironska, Christopher Chapple, Linda Cardozo, Matthias Oelke, Roger Dmochowski, Gérard Amarenco, Xavier Gamé, Roger Kirby,Frank Van Der Aa, Jean-Nicolas Cornu, 2019
  • New technologies in the management of overactive bladder: current research and future prospects, Serge P. Marinkovic, 2019
  • New therapies in the treatment of overactive bladder, Eu Kiang Sharon Yeo, Hashim Hashim & Paul Abrams, 2013
  • An overview of treatment of overactive bladder syndrome in women, S. Allahdin & N. Oo, 2012