Sarah nous parle de son quotidien avec l'hyperactivité de la vessie

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Peux-tu te présenter ?

Bonjour, je m'appelle Sarah.

Quand as-tu appris que tu souffrais d’Hyperactivitée de la vessie ? Peux-tu nous expliquer ce que c’est ?

Je souffre d’hyperactivité de la vessie depuis très longtemps, c'est-à -dire depuis l'adolescence pour moi. Je me levais à plusieurs reprises la nuit pour aller aux toilettes. Je pouvais y aller jusqu’à 9 fois par nuit.

Avec le recul, je pense que c’était lié au stress notamment du collège et du lycée et à l’insécurité. Mon hyperactivité de la vessie est très liée au côté psychologique et émotionnel.

J’allais moins aux toilettes la journée, mais c’était tout de même très récurrent.  

Je n’ai absolument pas de douleurs. Les symptômes se caractérisent chez moi par l’envie d’aller aux toilettes à plusieurs reprises. Cela est amplifié pendant les moments de stress (examens, vie professionnelle, etc). 

Comment as-tu été diagnostiquée ? En avais-tu entendu parler avant ce diagnostic ?

Le diagnostic remonte un peu pour moi, mais j’ai été voir un urologue qui est le spécialiste de la vessie. Il a fait plusieurs examens pour s’assurer que je n'avais pas de pathologie particulière ou de descentes d'organes. 

L’un des examens consistait à avoir une sonde urinaire que l’urologue remplissait de liquide afin de voir à quel moment j'avais envie d’uriner.

Au bout de quelques secondes, j’avais très très envie de faire pipi. L’urologue a donc arrêté l'examen car cela devenait douloureux.

Le diagnostic est tombé pour moi, c’est une hyperactivité de la vessie. Le médecin m’a parlé du côté psychologique de cette pathologie.

Au départ, j’ai eu un traitement qui permettait de réduire les mictions, mais j’ai eu quelques effets secondaires. J’ai donc pris la décision d’arrêter. 

Je n’avais jamais entendu parler de cette pathologie avant mon diagnostic. 

Comment se caractérise cette pathologie au quotidien ? Quels sont les effets sur ton quotidien ?

Eh bien, au quotidien, je ressens l’envie d’uriner à plusieurs reprises dans la journée. Cette envie est beaucoup plus présente la nuit que le jour. Je bois 1 litre d’eau par jour donc pas en excès. 

Je peux aller aux toilettes une petite dizaine de fois la nuit. Comme je l’ai mentionné plus haut, l’envie est beaucoup plus présente pendant les périodes de stress. La pathologie est très liée à mes émotions.  

Y a-t-il des impacts psychologiques ?

Oui bien sûr, ce n’est pas évident surtout quand je sais que les envies peuvent être influencées par mon stress et mon état émotionnel. 

Maintenant que je sais comment cela fonctionne, j’essaye d’y faire face. 

As-tu mis en place des choses spécifiques pour mieux vivre avec ? Outils ? Produits ? Services ?

Oui, j’ai testé plusieurs choses. Mon urologue m’a prescrit un traitement, mais que j’ai très vite arrêté car j’ai eu des effets secondaires. J’ai également testé des compléments alimentaires avec du magnésium. 

Depuis 1 an, j’utilise un dispositif médical qui est un appareil Tens qui se porte 20 min par jour autour de la cheville. Je cherchais une solution pour réduire les mictions et je ne souhaitais pas prendre de traitement. J’ai trouvé sur internet le site qui présentait la solution et j’ai donc décidé de le tester.

Je l’utilise depuis plus de 1 an maintenant et j’ai remarqué que j’allais beaucoup moins souvent aux toilettes et que les envies empiétaient de moins en moins sur mon quotidien.

C’est petit et discret donc très pratique pour la vie sociale et professionnelle.

Est-ce difficile d’en parler ? Est-ce que les personnes autour de toi comprennent cette pathologie ?

Non, je ne dirais pas ça. Je n’ai jamais eu de barrière pour en parler. J’en parle souvent et je me rends compte que beaucoup de femmes ont ce type de difficultés la journée notamment. 

Quelles sont les idées reçues par rapport à cette pathologie, auxquelles tu as déjà fait face ? Comment réagis-tu ?

Je n'avais pas d’idée reçue et je n’ai pas dû y faire face non plus. 

Comment cela se passe-t-il dans le cadre professionnel ou lors de sorties ?

Ce symptôme a un impact sur ma vie professionnelle et personnelle forcément puisque j’ai un travail stressant qui engendre des envies fréquentes d’uriner. 

Pour vous donner un exemple, en réunion professionnelle, avant d’utiliser le dispositif médical je ne pouvais pas attendre les pauses. Je devais systématiquement m’absenter à plusieurs reprises pour aller aux toilettes. Dorénavant, je peux attendre les temps de pause lors des réunions de travail.

Le deuxième exemple c’est que je fais beaucoup de route pour aller au travail (2h30 par jour) et j'ai eu des grosses difficultés pour me retenir. Avant, je devais m’arrêter sur la route pour aller aux toilettes.

C’est également le même problème pour la vie personnelle et sociale. Que ce soit pour les sorties au cinéma ou bien les sorties shopping, ce symptôme prenait beaucoup de place dans mon quotidien. 

As-tu des astuces à partager ?

Je dirais qu'il faut bien suivre son traitement pour voir les résultats.

En ce qui concerne mon dispositif médical, je dirais qu’il faut espacer l’utilisation, mais ne pas arrêter complètement.

J’invite également les personnes à faire un bilan sanguin poussé (notamment le cortisol) en accord avec le médecin pour être sûr du diagnostic et éviter toutes pathologies associées. 

Les personnes de nature très anxieuse ou stressée peuvent s’orienter vers des traitements naturels afin de se détendre et voir si leurs émotions ont un impact sur les symptômes. 

Petite astuce : il faut éviter les jeans taille basse car ils appuient sur la vessie. Il y a quelques semaines, j’ai acheté un pantalon taille basse et j’ai dû m’arrêter 3 fois sur la route pour aller aux toilettes. 

Un message à faire passer ?

Ne soyez pas désespéré. Il y a toujours une solution.

L’impact des émotions sur le corps est tellement fort. Pensez à soigner votre stress et votre esprit.

Par Sarah via MaPatho

Photo de Brooke Cagle sur Unsplash

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